Lorsque l’on parle de maturité d’équipe, on pense souvent au collectif comme à une entité à part entière. Une équipe “qui fonctionne”, ou non. Avec le recul, on se rend compte que cette vision est trompeuse.

Une équipe n’existe jamais indépendamment des personnes qui la composent. Elle est faite d’individus, chacun avec son histoire, son rapport au travail, à l’autorité, à la responsabilité, à l’autonomie. Et surtout, chacun avance à son propre rythme et en fonction du contexte. La maturité d’une équipe n’est donc pas la somme des maturités individuelles. 

Avec le temps, j’ai compris que la maturité d’une équipe ne pouvait pas se réduire à un niveau à atteindre. Elle ressemble plutôt à une moyenne mouvante, influencée par les niveaux de développement des individus, par le contexte, par la pression du moment, et par la qualité de la relation managériale.

Ce que l’on observe quand on regarde une équipe vivre

Trois niveaux de fonctionnement distincts se retrouvent : 

  • La collection d’individus : chaque membre de l’équipe contribue en fonction de son expertise sans réelle préoccupation de l’impact de son travail sur celui des autres membres de l’équipe ou de l’extérieur de l’équipe. Le responsable agit comme un donneur d’ordre pour assurer que le travail est bien réparti 
  • L’équipe solidaire : les membres de l’équipe collaborent, s’écoutent et se comprennent. Une solidarité et un consensus s’installent. Le responsable agit en dirigeant ressources, veillant à ce que chacun ait les moyens de réaliser son travail. 
  • L’équipe performante : Les membres de l’équipe ajustent leurs actions et leurs comportement relationnel sur la culture commune, la vision partagée et le sens donné par l’entreprise. Chaque membre réajuste son approche en fonction des circonstances et du contexte. Le responsable devient le porteur du sens, de sa compréhension et de son implémentation dans l’équipe

En fonction du contexte, non seulement l’équipe peut osciller entre ces trois états mais aussi les individus. Le responsable a pour rôle d’adapter son management en fonction de la maturité exprimée par son équipe. Il a aussi pour rôle de faire évoluer la maturité afin d’obtenir une équipe performance le plus souvent possible. 

maturité d'équipe

Mais au fait, c’est quoi une équipe performante ? 

Une équipe performante est présente lorsque chaque individu est disposé à faire ce petit plus pour l’équipe, ce petit supplément pour lequel il n’est pas nécessairement payé. Il agit pour l’image du collectif, de l’entreprise à laquelle il se sent appartenir. Les individus s’adaptent, s’entraident, s’écoutent et se mettent d’accord pour le bien de l’œuvre commune. Bien des entreprises veulent des équipes performantes, encore faut-il s’en donner les moyens. Tout repose sur la maturité individuelle des membres et du responsable. La maturité de l’équipe a pour socle la maturité de chaque individu. Un accompagnement de coaching est fortement recommandé pour faciliter la montée en maturité. 

Focus sur la maturité individuelle

Considérons, pour faire simple, 6 stades 

  • La dépendance : les informations descendent du responsable, la personne exécute
  • La contre dépendance : Les collaborateurs peuvent dire non au responsable et contribuent à la décision
  • L’indépendance : Chaque individu connait son territoire et se débrouille. Le responsable assure les liaisons entre les individus.
  • L’interdépendance : la parole s’organise et les décisions sont prisent collectivement.
  • L’alter dépendance : Le responsable donne la direction à suivre, la communication est fluide entre le responsable et les collaborateurs 
  • L’autonomie : le responsable donne la vision, le sens et les équipes déclinent cela dans leur comportement au quotidien. L’intelligence collective est en action. 

Le rôle du manager dépend du stade de développement de son collaborateur. Pour les stades 1 et 2, il sera donneur d’ordres, s’assurant que chacun sait quoi faire. Pour les stades 3 et 4 il deviendra un manager ressources s’assurant que chacun sait comment faire et pour les stades 5 et 6 il sera un responsable porteur de sens s’assurant que chacun sait pourquoi et pour quoi faire. 

Le rôle clé du responsable

Une organisation en maturité 3 (équipe performante) possède les caractéristiques d’agilité et de robustesse pour évoluer dans l’incertitude actuelle. Elle réduit considérablement les pertes (wastes) liés aux conflits, aux rôles peu clairs, aux attentes de décisions, aux changements de décisions, …. Elle ouvre la voie de l’innovation et de la créativité grâce à la sensation d’appartenance et de sécurité engendrée. Le collectif passe d’un paradigme où il subit les décisions, les aléas de marchés, … à un paradigme où il agit pour la pérennité du collectif. 

Les responsables, individuellement en stade 6, peuvent accompagner leurs collaborateurs sur le chemin du développement. Ils devront ajuster en permanence : 

  • Une exemplarité comportementale pour la propager dans l’équipe
  • Accorder de la liberté pour obtenir de la responsabilité 
  • Utiliser judicieusement le droit à l’erreur comme vecteur de progrès
  • Lâcher le contrôle pour définir le sens, le pourquoi et le pour quoi 
  • Libérer la parole pour transformer les conflits en malentendus ou désaccords 
  • Instaurer la justice pour déployer la confiance
  • Développer la transparence factuelle au profit d’une environnement sain
  • Maintenir la sécurité collective pour faire émerger les innovations
  • Affiner sa posture pour des relations interpersonnelles saines

Cela demande une prise de conscience et une volonté d’évoluer chez le manager. Un accompagnement de coaching est une aide précieuse pour obtenir une posture solide et réfléchie afin de pouvoir ensuite accompagner ses collaborateurs dans la mise en place progressive d’un fonctionnement en l’intelligence collective. 

Restons humble : la perfection n’existe pas, même chez les responsables. Et cela, chaque collaborateur le sait et l’accepte. 

Conclusion : 

Dans l’élément humain, Will Schutz, résume ce qu’est une équipe performante et comment l’obtenir : 

« J’ai d’abord cru qu’une équipe performante était celle qui avait un bon chef. Puis j’ai cru qu’une équipe performante était celle qui avait des buts clairs. Ensuite j’ai cru qu’une équipe performante était celle qui avait peu de conflits. J’ai cru qu’une équipe performante était celle dont les membres n’étaient pas trop différents. J’en arrive aujourd’hui à la conclusion que pour qu’une équipe soit performante, il faut que ses membres osent se dire leurs peurs et leurs besoins, et renoncent à avoir raison a priori. »

« Le niveau de développement de l’organisation ou de l’équipe est le niveau de développement de leur leader. Le niveau de développement du leader est celui de ses peurs. »

C’est un travail passionnant et durable que de devenir un leader porteur de sens. Puisse cet article vous en donner l’envie. Je suis prêt à vous accompagner sur ce chemin. 

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