« En présence de l’autre, mes doutes ressurgissent » (William Schutz)
Les relations interpersonnelles font parties de notre quotidien. Elles font partie de notre histoire personnelle, forgent notre personnalité et nous offrent un miroir en temps réel sur nous-même. Seulement voilà, que sommes nous prêt à voir de nous-même et quelle connaissance avons-nous de nous-même ? Plus nous nous connaissons et plus nous parviendrons à vivre des relations nourrissantes. L’objectif ici est de vous apporter des points de repères et identifier les zones à approfondir chez vous pour progresser en communication.

Que veut dire communication interpersonnelle ?
C’est la réunion d’un émetteur (celui qui parle) et d’un récepteur (celui qui écoute). Simple … en apparence car la première question à se poser lorsque l’on a un message à délivrer est : « est-ce que l’autre accepte de m’écouter ? » Dans l’autre sens, c’est également vrai : « ai-je envie d’écouter ce que l’autre souhaite me dire ? ». Une communication saine commence par acception mutuelle du rôle d’émetteur et de récepteur. Et si l’un des deux n’est pas d’accord avec le rôle attendu alors le plus simple est de le dire clairement à l’autre.
L’importance des faits
Dans une communication, nous échangeons des faits. Le risque très naturel et fréquent est que l’autre et moi-même imaginions des faits supplémentaires (on se fait des films, parfois des court métrages). De plus, les mots de l’autre peuvent réveiller chez moi des zones d’ombres (des peurs, des souvenirs douloureux, …). Bien souvent, tout ceci est passé sous silence alors qu’en réalité, ce sera très probablement ce qui sera retenu de la conversation et risque d’initier une relation conflictuelle. Il apparait ainsi essentiel de s’en tenir aux faits et de s’assurer que mon interlocuteur est aligné avec moi. La reformulation est un moyen puissant pour éviter les non-dits, les interprétations erronées et les débuts de conflits. 75 à 80% des problèmes de relations viennent des non-dits. Indiquer à l’autre que ce qu’il vient de me dire a touché une zone sensible chez moi est la première étape pour espérer une future communication plus douce.
Le réveil d’une peur active un mécanisme de défense
Ce qui se joue chez l’autre lorsque je lui parle est vaste et les causes sont complexes. Prendre soin de la communication peut se résumer à prendre soin de la disponibilité de l’autre à m’écouter. Si ce que je dis réveille une peur chez l’autre alors un mécanisme de défense va s’activer de façon inconsciente et l’écoute devient inexistante. Le risque ici est de tomber dans le piège de l’escalade en activant également un mécanisme de défense. Je me sens attaqué alors je me défends générant chez l’autre la sensation d’être attaqué qui, à son tour va se défendre. Et cela peut s’intensifier rapidement. Il est donc préférable, lorsque l’on se rend compte que l’autre n’écoute plus (défense en cours), de la restaurer en stoppant sa peur inconsciente. Le moyen le plus simple est de reformuler les faits et de clarifier son intention.

Construire des relations saines
Lorsque je veux construire des relations saines avec les autres, j’ai besoin de me connaitre et plus particulièrement mes peurs et mécanismes de défenses associés. Je peux, pour cela, prendre du recul sur mes relations afin de détecter ce que cela déclenche chez moi. Progressivement et en écoutant ce qui se passe à l’intérieur de moi lorsque l’on me parle, il devient possible d’éviter de déclencher un de mes mécanismes de défense et d’arriver à expliciter ce qui se passe à mon interlocuteur. Je lui permets de me connaitre un peu mieux, cela maintiendra mon écoute et donc la communication.
Dans l’autre sens, c’est le même principe En étant très attentif à celui qui m’écoute, je peux parfois déceler que je touche une zone sensible et immédiatement le traiter en reformulant et en indiquant mon intention initiale.
Saisir les occasions de mieux connaitre mon entourage
C’est une évidence mais moins souvent une volonté. Connaitre les personnes avec qui je communique facilite grandement les communications à venir. En effet, je peux connaitre un peu de son histoire et éviter les zones sensibles. Je peux détecter plus facilement la perte de son écoute et ainsi reformuler. Je peux aussi choisir le rythme adapté (fréquence, durée, …). Je peux aussi amender mes propres croyances, lorsque je me sens attaqué par exemple, en me disant que ce n’est pas son genre et ainsi prendre du recul pour demander des précisions pour avoir la bonne compréhension. Mieux se connaitre facilite également d’oser dire les choses. Améliorer ses relations revient à réduire les non-dits et toutes les occasions sont bonnes à saisir.
Prendre le temps d’écouter l’autre et l’inviter à prendre la parole, tout comme savoir également parler un peu de soi pour lui offrir l’opportunité de mieux me connaitre sont des moyens performant pour garantir des relations interpersonnelles saines. La qualité du travail s’en trouvera significativement amélioré.
En guise de conclusion, voici mon pense bête pour construire des relations interpersonnelles saines : Nous avons une bouche et deux oreilles, cela nous indique qu’un faut écouter deux fois plus que parler !
