Le pouvoir, sujet presque tabou dans le management tant il suscite une variété de points de vue, de langue de bois parfois ou de discours politiquement corrects mais trop peu de prise de recul objective sur l’envers du décor. Développer son pouvoir l’est souvent au détriment de notre humanité. Initialement basé sur une autorité légitime, qu’est ce qui fait que cela se transforme en pouvoir dont le champ d’application devient un objectif ? Et surtout quelles en sont les conséquences sur les collaborateurs et la performance de l’entreprise ?
1. Pouvoir ou autorité ?

Lors d’une prise de fonctions, il est attribué une relative autorité à la personne. C’est-à-dire un espace où elle est légitime pour décider. L’autorité déléguée ici va de pair avec responsabilité. Ainsi le collaborateur responsable sera à l’écoute de ses collègues, du marché et des clients afin de prendre les décisions les mieux adaptées pour la performance de l’entreprise. Les décisions peuvent s’expliquer et sont dénuées d’intérêt personnel. Le manager faisant preuve d’autorité, et donc de responsabilité est, par l’intermédiaire de ses décisions, au service de ses collaborateurs. Il développe ainsi de fortes compétences de leadership et les collaborateurs lui accorde leur confiance et acceptent ses directives. Les collaborateurs se mettent au service de l’entreprise, porté par les acteurs d’autorité.
Il en est tout autrement lorsque l’on parle de pouvoir. C’est un comportement égotique où l’on se sent supérieur. Les autres doivent obéir et se plier aux décisions de la personne de pouvoir. C’est dans cette optique que l’on voit apparaitre le management par la peur ou par la récompense. Le système se met au service d’une personne et non l’inverse. Peu importe la performance de l’entreprise pour peu que la personne de pouvoir soit satisfaite et procure ainsi un ou des bénéfices. L’homme de pouvoir ne cesse de vouloir augmenter son territoire. En voulant asservir le plus de collaborateurs possibles, il en perd son humanité et celle de ses proches collaborateurs. En général, le mode de management utilisé est celui appelé « le management par l’intelligence du chef ». Le système devient fragile car dépendant d’une seule personne qui décide. L’ensemble du système se contente d’obéir.
2. Pouvoir : les causes profondes
En exerçant son pouvoir sur les autres, il est possible de croire que nous ne pouvons plus être dominé ni rejeté. Les craintes anciennes, souvent inconscientes, se trouvent en partie sous contrôle. La crainte de ne pas être compétant est occultée par une affirmation de pouvoir forte. Ce que je décide est nécessairement correct personne n’ose s’opposer à moi. Ces craintes ne sont pas résolues, justes masquées. Tôt ou tard, le pouvoir est remis en cause et même le meilleur des combattants ne peut toujours gagner. La personne de pouvoir s’en trouve dépossédée et retourne à ses craintes accentuées par ce leurre qui soudain n’est plus.
Coté entreprise ou système, elle devient fragile et peu résiliente. Lorsque l’homme de pouvoir est absent alors le système est perdu, dans l’incapacité de faire face aux imprévus. Un système qui a perdu l’habitude de décider ne va pas soudainement s’y mettre. L’option la plus probable est de remplacer la personne de pouvoir par une autre personne de pouvoir en espérant qu’elle sera compétente. Si le changement est permanent, peut-être que ce sera l’occasion de modifier l’approche managériale pour redonner de la résilience au système.
3. Et le bien-être au travail ?

Sujet à la mode ! Il y a même des prix remis, et donc affichés, « great place to be » (endroit où il fait bon vivre. Nous sommes à l’heure de l’empowerement (comprenez ici responsabilisation) général, de la résilience, de l’équilibre vie pro/perso sans oublier la gestion du stress. Personne ne parle du pouvoir et de ses effets dévastateurs sur le personnel. J’en arrive à la conclusion que faire travailler une organisation sur l’autorité plutôt que le pouvoir entrainera tout le reste. En offrant, à chaque personne en charge d’autorité, l’opportunité de la prise de recul pour conscientiser la responsabilité qui en découle et lui permettre aussi de travailler sur ses craintes pour sortir de la tentation de pouvoir, l’entreprise se dote de sérieux atouts pour évoluer dans ces environnements VUCA (Volatile, Uncertain, Complex, Ambiguous) et maintenant BANI (Brittle, Anxious, Non-linear, Incomprehensible).
Transformer les managers, directeurs en leader commence par remplacer le pouvoir par de l’autorité. Un lieu où l’on se sent bien est un lieu où la justice s’applique et cela s’obtient grâce à l’exercice de l’autorité. Les décisions prises le sont pour le bien du système et prennent en comptes tous les paramètres du système.
4. L’individu au service de la résilience du système
Lorsque je comprends et adhère en général aux décisions prises alors je me sens bien. Lorsque je connais mon autorité et la responsabilité qui en découle alors je n’ai pas de difficulté à prendre les décisions qui sont de l’ordre de l’autorité que l’on m’a conféré. La prise en compte de l’environnement et des autres devient progressivement une évidence. La spirale devient vertueuse. Chaque employé travaillant pour la performance du système aura naturellement envie de remonter les dysfonctionnements, les possibles améliorations, ouvrant ainsi la porte à l’innovation tant recherché dans bien des entreprises.
Plus personne n’est indispensable, tout le monde devient acteur de la performance de l’entreprise. L’entreprise est résiliente, innovante et attractive. Cela demande une attention de tous les jours et aussi le besoin parfois de travailler sur soi pour éviter que les craintes anciennes ne fassent revenir la recherche de pouvoir. L’intervention de coachs professionnels est un investissement garantissant la résilience, l’innovation, l’attractivité, la performance, …
5. Conclusion
L’humain est au cœur de la performance de chaque entreprise. En prendre soin relève simplement du bon sens. En remplaçant le pouvoir par l’autorité, l’entreprise s’offre une réponse aux besoins d’aujourd’hui. En intégrant l’usage du coaching professionnel, elle se dote des moyens concrets pour changer l’ambiance globale et assainir l’environnement de travail.




