Gérer ses émotions est au cœur de bien des discussions. Cela donne l’impression que les émotions sont des sujets délicats, presque tabou. Pleurer, se mettre en colère, être triste ou très en joie, semblent être difficilement admis en société chez l’adulte. Est-ce que gérer ses émotions revient à les dissimuler ? Pourquoi les rendre visible pose-t-il problème à la fois à la personne concernée mais aussi à son entourage ?
1. Les émotions, héritage ancestral
Nous sommes des êtres sociaux et nos émotions font partie de notre patrimoine collectif. Elles se propagent vite et indiquent la réaction à adopter. Si une personne entre dans une pièce et montre une forte peur alors le groupe s’en imprègne et réagit en conséquence. Il en est de même pour les autres émotions. Lorsque nous voyons une émotion sur l’un de nos proches, nous sommes incités à réagir de façon pulsionnelle. Notre mode de vie d’aujourd’hui nous éloigne des préoccupations de nos voisins. Si ce dernier a peur, cela ne veut plus dire que je suis également en danger et ainsi, je dois prendre sur moi pour ne pas réagir. Ce qui était un avantage de survie devient un inconvénient collectif. Ce qui était une information collective devient une information personnelle. Nous naviguons aujourd’hui entre ces deux mondes et l’inconfort se fait sentir dans tous les cas de figures : dois-je montrer mon émotion et informer le groupe ? dois-je prendre en compte l’émotion que je vois ? L’usage a évolué au fil du temps et il convient aujourd’hui de reconsidérer la réponse que nous avons face à nos émotions.
2. Les émotions, qu’en faire ?

Une émotion reste une information et à ce titre, son message demeure intact au fil des siècles. Faisant en sorte de ne plus les montrer et ainsi paraître fort, maitre de soi, solide, …, il devient fréquent d’en oublier le message premier. Si j’éprouve une émotion, cela veut dire que j’ai un message de mon corps à comprendre. Si je considère la joie comme le nominal de mon corps alors la peur m’indique qu’il y a des événements dont je devrais me méfier, la colère m’indique qu’il y a des événements qui ne me conviennent pas et que je devrais repousser pour me faire respecter, la tristesse, quant à elle, me met en évidence un manque, quelque chose à restaurer.
Bien que caricaturales, cela montre la nature des informations reçues et bien sûr, les messages, pour peu qu’on les écoute, sont beaucoup plus précis que cela. Gérer une émotion revient donc à entendre le message de mon corps et de faire l’action qui s’impose. La conjonction de ces deux éléments permet à l’émotion de disparaitre.
Si l’émotion est étouffée ou si aucune action n’est enclenchée alors elle reste présente et s’accumule quelque part dans notre corps, prête à sortir à la première occasion.
3. Les émotions et nos croyances
Pour nous protéger, notre mental câble nombre de raccourcis. Ainsi, si j’ai eu très peur d’un chien sans parvenir à réagir, il est fortement probable que mon mental déclenchera de la peur à chaque fois que je verrai un chien jusqu’à ce que j’arrive à libérer la croyance de départ. Dans la même idée, si je me suis fait trahir par mon meilleur ami sans pouvoir réagir, il est probable que je me mette en colère dés que quelqu’un voudra se rapprocher de moi.
En voulant nous éviter de revivre un inconfort, notre mental provoque des réactions qui, au fil du temps, nous desservent plus qu’elles ne nous protègent Lorsque l’émotion exprimée est disproportionnée par rapport aux faits l’ayant généré, il est hautement probable que cela vient d’une programmation ancienne. Non seulement l’émotion n’apporte rien au groupe mais en plus elle est disproportionnée par rapport aux faits. Voilà une bonne raison de tout faire pour ne plus les montrer, évitant ainsi de dévoiler un déséquilibre interne. Alors quoi faire ?
4. Mettre de l’ordre dans ses émotions

Nous l’avons vu, il est fréquent et normal de vivre une certaine confusion au sujet de nos émotions. Il est donc recommandé de prendre le temps de revoir ce qui se passe en nous afin de gérer nos émotions de façon appropriées : entendre le message et enclencher l’action qui s’impose. Grace à cette approche, nos émotions pourront se vivre au quotidien sans exagération ni frustration. Comme cela n’est pas évident, travailler avec un coach professionnel pourra grandement faciliter cette gestion. De plus, le coach saura aider à rendre le traitement fluide et garant d’un mieux être au quotidien. En travaillant sur nos croyances, les réactions disproportionnées pourront être libérées. Dans certains cas, l’aide d’un thérapeute pourra être requise.
Accepter ses émotions et les prendre en compte est un enjeu de bien être en société. Cela contribue au respect de soi et facilite la prise de notre place dans le monde. Travailler sur ses émotions est un investissement gagnant qui nous apporte une plus grande sérénité et une plus grande lucidité sur ce qui nous entoure.




