Quel Directeur n’a pas rêvé d’un service, voir d’une entreprise, complétement adaptable aux aléas de marchés de plus en plus imprévisibles (voir mon article « naviguer en vuca et bani ») ? Quel Directeur ne souhaite pas une entreprise attractive et innovante ? J’ai une question pour ces Directeurs : « qu’êtes vous prêt à changer chez vous pour obtenir ce résultat ? » Car ces objectifs de services, d’entreprises, sont complétement atteignables à condition de transformer la façon dont sont pilotées les équipes. Le management à la papa (ou patriarcal) est terminé. L’époque nous demande maintenant d’entrer dans le management par responsabilités. Cet article explore ce sujet et donne des approches pour obtenir au final, des équipes adaptables, attractives et innovantes.
1. Adaptable, attractive et innovante : de quoi parle-t-on ?

Commençons par creuser un peu ce que tout cela veut dire. Une équipe adaptable est une équipe pouvant modifier sa façon de procéder et le résultat à obtenir en fonction du marché. Si je considère le modèle client/fournisseur, interne ou externe, cela implique de savoir en permanence de quoi a besoin le client et de le lui fournir. Une équipe adaptable connait les besoins et connait également si ce qu’elle a produit y répond. C’est une boucle d’amélioration continue à laquelle est ajoutée la possibilité de faire évoluer la demande. Il est clair que l’équipe doit avoir l’autorité de décider de changer ce qui est produit (voir mon article « autorité ou pouvoir »).
L’attractivité, quant à elle, est d’un tout autre registre. Il résulterait du fantasme de croire que l’équipe peut être attractive universellement. Il est beaucoup plus sensé d’admettre qu’elle attirera un certain type de profils. Une équipe qui prend conscience de son potentiel d’attractivité peut dans le même esprit devenir séduisante, à condition d’entrer significativement dans le processus de recrutement. C’est aussi l’équipe qui sait de quel profil elle a besoin et comment l’attirer. Elle devient ainsi partenaire actif de recrutement.
L’innovation demande ce que bon nombre d’organisations chassent en permanence : des espaces d’inactivité. Je ne m’étendrai pas sur le besoin d’avoir un environnement sécurisé avec un niveau de stress faible (voir mon article « de la performance à l’excellence »). Ce temps d’inactivité peut être pris hors de l’entreprise. Il aura dans ce cas un impact restreint. En effet, si ces temps d’inactivité sont partagés avec quelques collègues alors les idées émises deviendront un terreau de brainstorming car challengés, amélioré par les collègues. Dans bien des situations, elle pourra apporter des résolutions de problèmes. Avec un cadrage un peu plus formalisé, elle fera émerger des idées nouvelles qu’il suffira ensuite de trier, tester, … Malheureusement, ces ateliers sont rarement ouverts à tous les employés de l’entreprise, ce qui introduit le risque de passer à coté d’un pan entier d’innovations.
2. Le management, un changement de paradigme nécessaire
Pour obtenir une équipe adaptable, il va falloir lâcher le contrôle en réduisant les ordres. Le manager passe donc d’un donneur d’ordres à un fournisseur de ressources. L’équipe sait ce qu’elle a à faire pour contenter son client (elle a l’autorité pour cela) et le nouveau rôle du manager de terrain est de s’assurer que l’équipe a bien les ressources nécessaires pour produire le résultat. Comme tout est mouvant, les ressources sont elles aussi changeantes.
Il en va de même dans les niveaux plus élevés avec un besoin de plus en plus essentiel : la vision. Il est du rôle de la direction de propager une vision claire de la direction où aller et aussi comment y aller (les valeurs). Pour la partie finance, chaque manager doit avoir une autonomie sur le budget qu’il peut dépenser. Sans budget, l’autorité de décision nécessaire à l’adaptabilité s’en trouverait restreinte. Les rôles sont différents des anciens mais tout autant clés.
L’autorité du RH dans le recrutement est redonnée à l’équipe. En revanche, le rôle du RH est toujours autant clé en tant que ressource. Il apporte son expertise, l’animation du processus de recrutement, … Le travail devient collectif et au final, c’est l’équipe qui choisit. De nombreuses entreprises ont fait évoluer leur processus de recrutement pour le rendre collectif et ont rendu de ce fait ‘entreprise bien plus attractive.
Pour l’innovation, c’est la même idée. Pour la faire émerger, il faut veiller à ce que l’équipe ait les ressources requises. Un peu comme pour le recrutement, le manager ressource gère un cadre favorisant l’émergence de nouvelles idées. C’est le travail de toute l’entreprise. La compétitivité se gagne grâce aux idées innovante interne pour la productivité et externe (à destination des clients) pour les nouveaux produits. Lorsque les clients sont écoutés, il devient possible de sentir les futurs besoins, reste au manager ressource en charge de l’innovation de les collecter puis de les exploiter.
3. Pragmatisme, un mélange entre idéal et réalité

Tous les employés ne sont pas prêts à devenir autonome. Certains profils sont plus à l’aide lorsqu’ils reçoivent des directives plutôt que de se mettre en mouvement par eux-mêmes. La transition vers un nouveau mode de management est longue et demande des collaborateurs en phase avec cette nouvelle approche. Dans la réalité de l’entreprise, il est courant de voir le manager passer de donneur d’ordres à manager ressources. L’organisation globale de l’entreprise peut devenir adaptable en accordant aux managers de terrains (le premier niveau de management) la possibilité de choisir de donner des ordres ou bien d’apporter des ressources. L’objectif souhaitable d’une organisation hybride est d’aller vers toujours plus d’autonomie, même si cela semble difficile.
Chaque être humain est passé d’enfant à adulte en faisant progressivement et librement ses choix. En devenant progressivement libre de ses choix, l’adulte en est également devenu responsable. C’est ce coté responsable qu’il est souhaitable de cultiver en entreprise, à condition d’être prêt à laisser la liberté aux employés de décider là où ils en ont l’autorité.




